28.03.2009

Pour une économie de proximité

Il faudrait des campagnes de publicité qui percutent autant que celles contre le tabac, le sida ou la vitesse au volant. Car aujourd'hui, nous devons lutter contre un mal encore plus important que l'abandon économiques des campagnes et des quartiers par les décideurs nationaux : la désafection de l'opinion publique. Certes, celles-ci voue la proximité aux gémonies lorsqu'elle est interrogée ; mais force est de constater que son enthousiasme ne se traduit plus en actes.

 

Il n'y a encore pas longtemps, tout le monde venait au moins se dépanner dans les boutiques de proximité. De nos jours, les plus jeunes n'ont même pas ce réflexe, car nourris dès le plus jeune âge au biberon des grandes surfaces. Nous sommes devant un choix de société : soit une économie déshumanisée, avec sous-salariat généralisé, une agriculture et des PME à la botte de la grande distribution, l'omnipotence d'un seul mode de consommation. Soit nous revenons à une économie de proximité, riche de ses métiers, de son lien social et de son cadre de vie

22.03.2009

La première enseigne de France ouvre tous les dimanches !

S'il existe une enseigne de proximité en France qui est présente dans tous les villages et quartiers, il s'agit bien de l'Eglise. Elle est même moins chère que les hard-discounts puisque on peut toujours s'éclipser avant la fermeture pour éviter habilement la quête... Par contre, elle ne vous nourrira que l'âme ! J'ai emprunté cette photo à L'Hatem qui fait un clin d'oeil amusant au débat sur l'ouverture dominicale des grandes surfaces.

 

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16.03.2009

La Française des Jeux joue l'avenir de ses distributeurs historiques...

01085163-1.JPGDécidément, un vent de puritanisme mondain et très parisien devra sous peu recouvrir de son manteau imaculé les terribles commerçants de proximité qui osent encore gagner leur vie avec l'alcool, le tabac et... les jeux de hasard. Loin de moi l'idée que sous prétexte de privilégier une catégorie de commerçant au détriment du budget de la Sécurité sociale, il faudrait laisser les choses en l'état et ne surtout pas intervenir. C'est vrai, il faut impérativement lutter contre l'alcoolisme, la tabagie et l'addiction au jeu. Je suis d'accord. Mais les commerçants qui vendent ces produits éminament subversifs et criminels doivent-ils pour autant crever la bouche ouverte ?

 

Je pense en particulier aux bureaux de tabac-presse qui sont dans certains villages et quartiers les derniers lieux de vie. Ce métier exigeant en horaires et disponibilité possède aujourd'hui un avenir très sombre. Sous prétexte de rentabilité, le choix des magazines est de plus en plus réduit. Et, alors que la profession réfléchit à, et met en place, des sources de revenus supplétifs (épicerie de dépannage par exemple), la Française des Jeux annonce la bouche en fleur qu'elle étudie l'extension de sa diffusion aux grandes surfaces.

 

Un coup de poignard dans le dos quand on sait que la Française des Jeux a toujours pu faire confiance à un réseau solide et loyal de petits commerçants qui tirent un modeste revenu de cette activité : 980 € par mois en moyenne. Ce qui n'est pas grand chose comparativement au temps et à la place alloués. Et pourtant, la proximité est une valeur affichée de cette prestigieuse compagnie qui présente son réseau de vente de façon tellement élogieuse :

Buralistes, diffuseurs de presse ou patrons de bars en métropole, gérants d'épiceries de village ou de stations-service outre-mer, ces commerçants indépendants sont ancrés dans le tissu économique local. Ils contribuent à l'animation de la vie d'un quartier ou d'un village et à sa vitalité.

 

On en aurait presque la larme à l'oeil. Mais au fait ? Je suppose que mettre des jeux aux sorties de caisse des grandes surfaces contribuera à diminuer l'addiction au jeu de nos compatriotes consommateurs ?

 

Non ?

 

(Photo : immonot.com)

13.03.2009

Le Conseil d'Etat autorise Leclerc à vendre du matériel remboursé par la Sécurité sociale !

parapharmacie410x235.jpgC'est officiel. Non seulement la para-pharmacie du Centre Leclerc de Pont-l'Abbé obtient l'autorisation de passer de 138 m2 à 399 m2, (soit une augmentation conséquente de près de 300 % !) mais en plus elle pourra vendre du matériel médical remboursé par la sécurité sociale. Il s'agit donc d'une première brèche rendue possible par la politique ultra-libérale de Bruxelles, conjuguée au lobbying très efficace de la grande distribution. Rappelons que l'Union européenne souhaite mettre un terme à la spécificité française accordant aux seuls pharmaciens à la fois le droit de posséder une officine, mais aussi un périmètre géographique d'exploitation sans concurrence.

 

Dans cette affaire, la France s'est une nouvelle fois pliée aux exigences de l'Union européenne et aux arguments fallacieux de la grande distribution. Cette dernière promet des emplois supplémentaires mais on passe sous silence ceux qui seront perdus dans les pharmacies de nos villages et quartiers.

 

Par ailleurs cette décision est un camouflet aux représentants des pharmaciens : quel respect accorde-t-on aujourd'hui aux métiers ? Ils ont non seulement été déboutés mais ils doivent en plus payer des frais de justice au distributeur Leclerc ! C'est une vraie honte : la justice française est désormais à la botte de l'Europe, et la France sacrifie les commerces de proximité (la pharmacie en est un !) sur l'autel de l'utra-libéralisme.

 

Aujourd'hui les pharmacies, demain le prix unique du livre ?

 

(Photo : e-leclerc.com)

09.02.2009

Caissières no future ?

690686.jpgToutes les grandes enseignes ne le fanfaronnent pas sur les toits tant le sujet est délicat, mais les caisses automatiques vont un jour remplacer nos sympathiques caissières en chair et en os. Du moins, c'est ce que les spécialistes augurent de façon presque unanime. Je n'en suis pas si sûr...

 

Cela pose évidemment un problème humain et les chantres de tout technologique accusent sous cape un coût humain de l'entreprise de distribution trop important. Celle-ci ne peut effectivement pas aller chercher ses profits à l'étranger, en délocalisant, et c'est par conséquent sur le personnel et les fournisseurs que l'on va tenter de faire des économies. On dit aussi que rien ne remplacera le contact humain, mais c'est oublier que le consommateur, aussi éduqué et intelligent qu'il soit, regarde avant tout son porte-monnaie. Et cela aura d'autant plus d'importance dans le commerce alimentaire que l'alimentation n'est plus ni un poste de dépense important, ni un lieu de culture et d'échange. Il faut aller vite et pour pas cher.

 

Ce qui fait que la modeste frange de la population qui apprécie encore de faire ses courses non seulement pour se nourrir l'estomac, mais aussi l'esprit et le coeur, sera finalement encore bien content de trouver des petits commerces de proximité. Avec de vrais gens, qui ont un vrai sourire, et qui donnent de bons conseils.

 

Je ne suis pas certain que les caisses automatiques auront le même succès que le libre-service institué dans les années cinquante.