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29.05.2008

Il est bien brave, ce Monsieur Mulliez !

463229584.jpgDans une interview publiée dans le Monde du 27 mai 2008, Arnaud Mulliez, le patron de Auchan, met en touche le débat sur les prix : "Arrêtons de dire qu'en France les prix sont très élevés !"

 

Facile ! Quand on veut éluder un problème, on peut toujours le minimiser. Dans le débat sur le pouvoir d'achat, chacun y va de ses chiffres et statistiques. Par conséquent, il est difficile de se faire une opinion objective, et l'on fait invariablement l'analyse par rapport à son nombril. Pour ma part, je pense d'ailleurs que le sujet est complètement subjectif : le consommateur s'offusque de voir le prix des produits alimentaires augmenter, mais il n'hésite pas à casser la tirelire pour s'offrir un 4X4, une télé grand écran ou des baskets Nikes...

 

Dans le débat sur les prix allemands réputés plus bas que chez nous, Mulliez remet en question les enquêtes prix analysées : elles n'auraient pas été assez exhaustives. Les économistes libéraux en profitent pour fustiger la TVA et les charges trop élevées qui plombent les entreprises françaises. Au lieu de théoriser sur une constitution européenne nébuleuse, les bruxellois feraient mieux de se concentrer sur une initiative qui règlerait en partie ce problème : l'harmonisation fiscale.

 

Par contre, je le rejoints sur la notion de négociabilité, principe qui est mis en avant par la Loi de Modernisation de l'Economie. Il est effectivement faux de penser que la négociation des prix va mettre le couteau sous la gorge des PME. Les grands distributeurs ont besoin d'elles pour contrecarrer les ambitions hégémoniques des industries agro-alimentaires. De plus, une PME qui fabrique de bons produits, n'a aucune raison de céder à des conditions trop draconiennes : le client finira toujours pas les réclamer ! Point de convergence aussi celui de son opinion sur les discounters : les employés de ces commerces aux gammes étriquées ont effectivement peu de possibilité d'évolution de carrière. Je vais plus loin en affirmant qu'ils sont le sous-prolétariat de la grande distribution.

 

Quant à la libéralisation des implantations, je vois mal comment un quatrième larron viendrait s'implanter là où en existent déjà trois autres qui vivotent. Je crois plutôt à une sorte d'entente sous cape. On peut retourner le problème dans tous les sens : le gâteau ne grossissant plus, le partage est inévitable. La loi de Modernisation de l'Economie est le prélude au Yalta de la grande distribution. A quand une loi anti-trust ?

22.05.2008

Une histoire de sous…

914556990.jpgDes franchisés du Groupe Carrefour, en l’occurrence Guyenne & Gascogne d’une part, et Coop Atlantique d’autre part, sont en conflit pour une question de tarifaire. Le Groupe Carrefour, agissant ici en qualité de centrale d’achat, est accusé de ne pas rétrocéder toutes les marges arrières. Ceci est à mettre en parallèle avec les tarifaires anormalement élevés pratiqués par ce même groupe à l’endroit de ses affiliés et franchisés de la branche proximité. Si la situation est grave, il est bon de savoir que Carrefour loge tout le monde… à la même enseigne ! Dans la lutte pour l’amélioration du pouvoir d’achat, les centrales d’achat vont devoir revenir à leur mission première : acheter au moins cher certes, mais aussi revendre au moins cher. Leur rôle n’est pas d’encaisser les marges arrières pour le compte de l’expansion des groupes de distribution.
 
Fidèle à sa politique de communication dans laquelle le faucheton le dispute au mielleux, en fin de journée, ce jeudi 22 mai, Carrefour a publié un communiqué précisant qu’il ne souhaitait pas commenter cette affaire, mais continuait d’entretenir “un dialogue permanent avec Guyenne et Gascogne comme avec l’ensemble de [ses] autres partenaires et affiliés.”

Une promesse de Gascon ?