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09.02.2009

Caissières no future ?

690686.jpgToutes les grandes enseignes ne le fanfaronnent pas sur les toits tant le sujet est délicat, mais les caisses automatiques vont un jour remplacer nos sympathiques caissières en chair et en os. Du moins, c'est ce que les spécialistes augurent de façon presque unanime. Je n'en suis pas si sûr...

 

Cela pose évidemment un problème humain et les chantres de tout technologique accusent sous cape un coût humain de l'entreprise de distribution trop important. Celle-ci ne peut effectivement pas aller chercher ses profits à l'étranger, en délocalisant, et c'est par conséquent sur le personnel et les fournisseurs que l'on va tenter de faire des économies. On dit aussi que rien ne remplacera le contact humain, mais c'est oublier que le consommateur, aussi éduqué et intelligent qu'il soit, regarde avant tout son porte-monnaie. Et cela aura d'autant plus d'importance dans le commerce alimentaire que l'alimentation n'est plus ni un poste de dépense important, ni un lieu de culture et d'échange. Il faut aller vite et pour pas cher.

 

Ce qui fait que la modeste frange de la population qui apprécie encore de faire ses courses non seulement pour se nourrir l'estomac, mais aussi l'esprit et le coeur, sera finalement encore bien content de trouver des petits commerces de proximité. Avec de vrais gens, qui ont un vrai sourire, et qui donnent de bons conseils.

 

Je ne suis pas certain que les caisses automatiques auront le même succès que le libre-service institué dans les années cinquante.

07.02.2009

Le grand cirque de la consommation !

Je lis régulièrement la chronique d'Olivier Dauvers. Sa dernière trouvaille concerne le Jungle Jim de Cincinatti : 30 000 mètres carrés, 150 000 références dont un tiers en ethnique. On parle beaucoup en ce moment d'une désafection des hypermarchés classiques pour le hard-discount. Sera-ce une façon de réagir à ce phénomène ? Doit-on transformer les hypermarchés en parcs d'attraction ? Olivier a raison : c'est le genre de commerce qu'il faut avoir vu une fois. Mais alors, qu'une seule fois hein ?!!

 


Jungle Jim : le temple du "retailtainment" from Editions Dauvers on Vimeo.

05.02.2009

De nouvelles enseignes de proximité chez Carrefour : une bonne idée ?

breve_4053.jpg.gifDans une optique de convergence d'enseignes, le Groupe Carrefour teste depuis novembre deux nouvelles enseignes de proximité. Il y a tout d'abord Carrefour Contact qui est présenté comme le magasin du quotidien des petites villes et villages. Il y a aussi Carrefour City, le magasin solution pour faciliter la vie des urbains et des nomades. Cette initiative amène plusieurs questions.

 

Dans les divers articles produits par les journalistes spécialisés ne sont pas abordés les modalités de changement ou de création d'enseigne. Sont-ce des Proxi Services et des Huit-à-Huit qui sont transformés ? Quid du statut du dirigeant : indépendant affilié, franchisé, directeur salarié ? Cette question mérite d'être posée afin de vérifier si l'intention du Groupe Carrefour ne serait pas de déguiser élégament l'intégration de son réseau qui est composé, rappelons-le, essentiellement d'indépendants avec enseigne (Proxi Service). Ceux-ci se posent depuis longtemps la question de la politique du Groupe Carrefour en matière de proximité. Avec en toile de fond le problème des prix de cession interne qui sont beaucoup trop élevés pour assurer une concurrence loyale entre les formats de proximité indépendants et les formats intégrés. Ceci fait l'objet d'une saisine du Conseil de la Concurrence qui devrait aboutir au printemps de cette année. Ces nouvelles enseignes pourraient être le moyen pour le Groupe Carrefour de reprendre en main les différents statuts d'exploitation et de tout intégrer sous le même statut : celui de franchisé. Que va devenir le vrai indépendant dans notre pays ? Edit du 6 février : selon une source interne au groupe, Carrefour France prend systématiquement au moins 26 % du capital de l'entité exploitante, ce qui vient corroborer mon point de vue.

 

Dans le même ordre d'idée, la question se pose d'un réseau à deux vitesses : les nouvelles enseignes de proximité qui auraient des conditions avantageuses (prix, cartes de fidélité) et les indépendants affiliés qui ne feraient pas partie du réseau et qui, au travers de leur tarifaire anormalement élevé, continueraient à financer cette politique déloyale. Par ailleurs, en communicant délibérément sur le côté dépannage de ces enseignes, on signe un blanc seing aux clients en leur expliquant que la proximité n'est pas faite pour y faire toutes ses courses. Hors, à mon sens, si l'on veut revenir à une consommation responsable et durable, il faudrait au contraire faire en sorte que les centrales d'achat privilégient ces formats, notamment au niveau des prix de cession.

 

Sur la forme, on peut à contrario se demander si ces nouvelles enseignes ne vont pas payer l'image de cherté de l'enseigne phare du groupe, à savoir Carrefour. Nous allons passer d'un système d'enseignes qui répondaient, malgré le problème des prix, assez bien à l'image que les consommateurs se font de la proximité, à un système global qui appellera sans doute une réflexion unanime : la Planète Carrefour. Une sorte de WorldCompany ! Et cette nouvelle image qui se dessine ne répond pas à l'évolution de l'idée que se font les consommateurs de la distribution (qu'elle soit "grande" ou de proximité).

 

Pour toutes les raisons évoquées ici, j'invite la profession à faire preuve de prudence et à poser les bonnes questions au Groupe Carrefour. L'avenir du métier est en cause.

 

(Photo : Franchise Magazine)

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