13.03.2009

Le Conseil d'Etat autorise Leclerc à vendre du matériel remboursé par la Sécurité sociale !

parapharmacie410x235.jpgC'est officiel. Non seulement la para-pharmacie du Centre Leclerc de Pont-l'Abbé obtient l'autorisation de passer de 138 m2 à 399 m2, (soit une augmentation conséquente de près de 300 % !) mais en plus elle pourra vendre du matériel médical remboursé par la sécurité sociale. Il s'agit donc d'une première brèche rendue possible par la politique ultra-libérale de Bruxelles, conjuguée au lobbying très efficace de la grande distribution. Rappelons que l'Union européenne souhaite mettre un terme à la spécificité française accordant aux seuls pharmaciens à la fois le droit de posséder une officine, mais aussi un périmètre géographique d'exploitation sans concurrence.

 

Dans cette affaire, la France s'est une nouvelle fois pliée aux exigences de l'Union européenne et aux arguments fallacieux de la grande distribution. Cette dernière promet des emplois supplémentaires mais on passe sous silence ceux qui seront perdus dans les pharmacies de nos villages et quartiers.

 

Par ailleurs cette décision est un camouflet aux représentants des pharmaciens : quel respect accorde-t-on aujourd'hui aux métiers ? Ils ont non seulement été déboutés mais ils doivent en plus payer des frais de justice au distributeur Leclerc ! C'est une vraie honte : la justice française est désormais à la botte de l'Europe, et la France sacrifie les commerces de proximité (la pharmacie en est un !) sur l'autel de l'utra-libéralisme.

 

Aujourd'hui les pharmacies, demain le prix unique du livre ?

 

(Photo : e-leclerc.com)

07.02.2009

Le grand cirque de la consommation !

Je lis régulièrement la chronique d'Olivier Dauvers. Sa dernière trouvaille concerne le Jungle Jim de Cincinatti : 30 000 mètres carrés, 150 000 références dont un tiers en ethnique. On parle beaucoup en ce moment d'une désafection des hypermarchés classiques pour le hard-discount. Sera-ce une façon de réagir à ce phénomène ? Doit-on transformer les hypermarchés en parcs d'attraction ? Olivier a raison : c'est le genre de commerce qu'il faut avoir vu une fois. Mais alors, qu'une seule fois hein ?!!

 


Jungle Jim : le temple du "retailtainment" from Editions Dauvers on Vimeo.

03.10.2008

Peut-on encore parler des dessous de la grande distribution ?

Lorsqu'un média souhaite aborder les dessous de la grande distribution, il doit savoir que de possibles rétorsions seront prises à son encontre. Je l'ai dit plusieurs fois ici, ce secteur économique a remplacé l'industrie de grand-papa en matière de groupe de pression. En clair : trop d'articles "malveillants" et la manne publicitaire est supprimée. On peut d'ailleurs penser que tout cela s'arrangera avec une FranceTélévision sans publicité. Oui, mais c'est oublier combien le monde politique et celui de la grande distribution sont subtilement imbriqués. Qu'ils soient de gauche ou de droite, les hommes politiques sont influencés par les agents recruteurs de ce secteur économique qui pourvoit, comme chacun le sait, énormément d'emplois de très bonne qualité. Et dans la mesure où le monde politique et celui des médias sont tout aussi liés...

 

Alors me direz-vous, il y a pourtant d'excellents reportages régulièrement diffusés sur toutes les chaines. Oui, mais je prétends que ces reportages s'arrêtent à la surface des choses. Voire même, favorisent-ils le discours des grandes enseignes. Qui a fait un reportage sur le vol pur et simple perpétré par les centrales d'achat sur les petites enseignes de proximité affiliées ? Pourtant, le Conseil de la concurrence a été saisi, c'est de notoriété publique. Qui possède suffisamment d'entregent pour imposer à Jérôme Bédier un face-à-face avec Christian Jacquiau ? Personne. Monsieur Bédier n'était pas disponible, ou n'a pas souhaité débattre, etc.

 

Par ailleurs, écrire un livre sur un grand du secteur de la grande distribution est devenu problématique lorsqu'il s'agit de le mettre en vente. Les grandes enseignes sont devenues des vendeurs de livres incontournables, les dirigeants des grandes librairies commerciales et ceux de la grande distribution fréquentent les mêmes microcosmes, voirent possèdent sinon des liens capitalistiques, au moins des échanges de postes d'administrateurs.

 

Il y a donc fort peu d'hommes et de femmes de média qui prennent le risque de créer une maison d'édition pour que cela soit souligné. Vous connaissez tous Bertrand Gobin qui, après avoir écrit L'Empire des Mulliez et ouvert un blog éponyme, a vu le premier retiré de la vente et le second fermé par voie judiciaire. A la différence de Denis Robert, il n'a pas eu la folie meurtrière de se battre contre les moulins. D'autant plus, et il le souligne lui-même dans un article de son nouveau blog, qu'il n'est pas prouvé formellement que les Mulliez soient derrière cette manoeuvre judiciare. Je suis intimement convaincu que ce journaliste possède une haute idée de la déontologie du journalisme et j'ose espérer qu'il n'aura que du succès. C'est tout le mal que je lui souhaite. La prochaine enquête, que j'attends avec impatience et que j'achèterai dans une petite librairie de proximité avant qu'elle ne soit interdite de distribution (rire jaune), s'intitulera Leclerc, enquête sur un système. La présentation de cet ouvrage est assez énigmatique : avec quelles méthode cette enseigne est devenue numéro un en France ? Une organisation à bien des égards déroutante... Pour l'instant, cela ne fait pas monter l'adrénaline, mais je ne pourrai pas passer à côté en tant que professionnel du secteur ! L'auteur, qui aura le privilège d'être débarqué du magazine Linéaire avec un parachute en plomb (pure fiction de ma part) est Frédéric Carluer-Lossouarn. Souhaitons-lui un grand succès !

25.07.2008

Il a de beaux restes...!

En fin analyste de la situation dans la grande distribution...

 


29.05.2008

Il est bien brave, ce Monsieur Mulliez !

463229584.jpgDans une interview publiée dans le Monde du 27 mai 2008, Arnaud Mulliez, le patron de Auchan, met en touche le débat sur les prix : "Arrêtons de dire qu'en France les prix sont très élevés !"

 

Facile ! Quand on veut éluder un problème, on peut toujours le minimiser. Dans le débat sur le pouvoir d'achat, chacun y va de ses chiffres et statistiques. Par conséquent, il est difficile de se faire une opinion objective, et l'on fait invariablement l'analyse par rapport à son nombril. Pour ma part, je pense d'ailleurs que le sujet est complètement subjectif : le consommateur s'offusque de voir le prix des produits alimentaires augmenter, mais il n'hésite pas à casser la tirelire pour s'offrir un 4X4, une télé grand écran ou des baskets Nikes...

 

Dans le débat sur les prix allemands réputés plus bas que chez nous, Mulliez remet en question les enquêtes prix analysées : elles n'auraient pas été assez exhaustives. Les économistes libéraux en profitent pour fustiger la TVA et les charges trop élevées qui plombent les entreprises françaises. Au lieu de théoriser sur une constitution européenne nébuleuse, les bruxellois feraient mieux de se concentrer sur une initiative qui règlerait en partie ce problème : l'harmonisation fiscale.

 

Par contre, je le rejoints sur la notion de négociabilité, principe qui est mis en avant par la Loi de Modernisation de l'Economie. Il est effectivement faux de penser que la négociation des prix va mettre le couteau sous la gorge des PME. Les grands distributeurs ont besoin d'elles pour contrecarrer les ambitions hégémoniques des industries agro-alimentaires. De plus, une PME qui fabrique de bons produits, n'a aucune raison de céder à des conditions trop draconiennes : le client finira toujours pas les réclamer ! Point de convergence aussi celui de son opinion sur les discounters : les employés de ces commerces aux gammes étriquées ont effectivement peu de possibilité d'évolution de carrière. Je vais plus loin en affirmant qu'ils sont le sous-prolétariat de la grande distribution.

 

Quant à la libéralisation des implantations, je vois mal comment un quatrième larron viendrait s'implanter là où en existent déjà trois autres qui vivotent. Je crois plutôt à une sorte d'entente sous cape. On peut retourner le problème dans tous les sens : le gâteau ne grossissant plus, le partage est inévitable. La loi de Modernisation de l'Economie est le prélude au Yalta de la grande distribution. A quand une loi anti-trust ?

22.05.2008

Une histoire de sous…

914556990.jpgDes franchisés du Groupe Carrefour, en l’occurrence Guyenne & Gascogne d’une part, et Coop Atlantique d’autre part, sont en conflit pour une question de tarifaire. Le Groupe Carrefour, agissant ici en qualité de centrale d’achat, est accusé de ne pas rétrocéder toutes les marges arrières. Ceci est à mettre en parallèle avec les tarifaires anormalement élevés pratiqués par ce même groupe à l’endroit de ses affiliés et franchisés de la branche proximité. Si la situation est grave, il est bon de savoir que Carrefour loge tout le monde… à la même enseigne ! Dans la lutte pour l’amélioration du pouvoir d’achat, les centrales d’achat vont devoir revenir à leur mission première : acheter au moins cher certes, mais aussi revendre au moins cher. Leur rôle n’est pas d’encaisser les marges arrières pour le compte de l’expansion des groupes de distribution.
 
Fidèle à sa politique de communication dans laquelle le faucheton le dispute au mielleux, en fin de journée, ce jeudi 22 mai, Carrefour a publié un communiqué précisant qu’il ne souhaitait pas commenter cette affaire, mais continuait d’entretenir “un dialogue permanent avec Guyenne et Gascogne comme avec l’ensemble de [ses] autres partenaires et affiliés.”

Une promesse de Gascon ?

30.04.2008

Chronologie des principales lois régulant la grande distribution en France

Dans les années 1970, le développement de l’urbanisation et la croissance économique et démographique ont considérablement modifié le mode de vie des Français. Le modèle d’équipement commercial des villes et des zones rurales devait être repensé. C’est dans ce contexte que la grande distribution s’est imposée et a connu un essor rapide. Très vite, cependant, il est apparu nécessaire de réguler ce secteur. La première loi a vu le jour en 1973. D’autres ont suivi et le président de la République, Nicolas Sarkozy, a récemment affirmé sa volonté de réformer de nouveau le système de régulation de la grande distribution en France.

27 décembre 1973 : loi Royer

Cette loi d’orientation du commerce et de l’artisanat instaure pour la première fois un régime juridique de l’urbanisme commercial en mettant en place une procédure d’autorisation d’ordre économique, distincte du permis de construire. Elle impose des procédures d’autorisation pour l’ouverture de grandes surfaces. La création ou l’agrandissement d’un magasin de vente au détail doit ainsi faire l’objet d’une demande d’autorisation lorsque la surface de vente dépasse 1 000 m2 dans une commune de moins de 40 000 habitants et 1 500 m2 pour une commune de plus de 40 000 habitants. Depuis 1992, la demande d’autorisation se fait auprès d’une commission départementale d’équipement commercial (CDEC) composée d’élus locaux, de représentants consulaires et d’associations de consommateurs.
> Loi n° 73-1193 du 27 décembre 1973 d'orientation du commerce et de l'artisanat

 

1er juillet 1996 : loi Galland

Cette loi sur la loyauté et l'équilibre des relations commerciales a été votée dans le but de réglementer les relations entre la grande distribution et ses fournisseurs. Les autorités gouvernementales espéraient ainsi protéger le petit commerce et les fournisseurs, en interdisant aux grandes surfaces la revente à perte, c’est-à-dire de revendre un produit à un prix inférieur à son prix d’achat effectif. La loi Galland vise ainsi à limiter la disparition des petits commerces incapables de s’aligner sur les prix des grands distributeurs. Elle a été vivement critiquée par certains qui estiment qu’elle est inflationniste. L’interdiction de revente à perte, depuis 1963 en France, était parfois contournée par le biais des marges arrière en intégrant les remises différées dans le seuil de revente à perte. La loi Galland renforce les sanctions en cas d’infraction.
> Loi n° 96-588 du 1er juillet 1996 sur la loyauté et l'équilibre des relations commerciales

 

5 juillet 1996 : loi Raffarin

Cette loi renforce la loi Royer en abaissant le seuil de surface au-delà duquel une autorisation administrative d’implantation de surfaces commerciales est nécessaire. La loi Raffarin étend ainsi le contrôle aux surfaces de plus de 300 m2 pour l’alimentaire, le seuil le plus bas d’Europe.
> Loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 relative au développement et à la promotion du commerce et de l'artisanat

 

1er août 2003 : loi Dutreil

Cette loi vise à accroître la différenciation tarifaire. Elle assouplit ainsi la loi Galland en autorisant la réduction de prix à un distributeur en contrepartie d’une réduction équivalente de ses marges arrière.
> Loi n° 2003-721 du 1er août 2003 pour l'initiative économique

 

3 janvier 2008 : loi Chatel

Cette loi pour le développement de la concurrence au service des consommateurs modifie le seuil de revente à perte permettant aux distributeurs d'inclure tous les autres avantages financiers dans les prix.
> Loi n° 2008-3 du 3 janvier 2008 pour le développement de la concurrence au service des consommateurs

 

28 avril 2008 : projet de loi de modernisation de l’économie (LME)

Ce projet de loi vise à accroître la concurrence dans la grande distribution en relevant de 300 m2 à 1 000 m2 le seuil de déclenchement de la procédure d’autorisation préalable d’ouverture des commerces et en divisant par deux les délais d’examen des demandes. Les opérateurs ayant besoin d’une autorisation ne seraient en outre plus tenus de fournir une étude économique justifiant leur projet d’installation. Les fournisseurs pourraient également proposer des tarifs différents selon les distributeurs. Le gouvernement espère ainsi favoriser la baisse des prix dans la grande distribution. Aussi la LME permettrait-elle, dans ce qui est appelé le « triplet net », de répercuter les marges arrière dans les prix à la consommation, ce qui était interdit par la loi Galland. Selon la Commission européenne, dans une enquête publiée en février 2008, la hausse des matières premières ne suffit pas à expliquer l’augmentation des prix des biens alimentaires, et met en cause les marges des distributeurs français. La LME constituerait ainsi une réponse à cette observation de Bruxelles.
> Projet de loi de modernisation de l'économie

 

Source : La Documentation Française

08.03.2008

La sixième raison !

Dans un article du Monde.fr daté de demain, Nathalie Brafman donne cinq raisons qui empêchent les prix de baisser en France. La mise en coupe réglée du territoire français : seulement 13 % des zones commerciales sont couvertes par plus de deux enseignes. Des positions dominantes qui sont renforcées par la multiplicité des formats qui maillent certains territoires. La loi Raffarin qui aurait freiné le développement des discounters. Je parle au conditionnel car je ne suis pas d’accord sur ce point. Mon argumentation méritera une note à part. Une loi Galland trop rigide et qui devrait être assouplie dans le package de la loi de modernisation de l’économie : industriels et distributeurs vont tirer leurs prix vers le bas, balayant au passage quelques salariés et petits fabricants. L’idée fausse selon laquelle les supermarchés sur Internet seraient moins chers.
 
A cela j’ajoute une sixième raison, qui existe depuis toujours, mais qui n’était pas évidente tant que le pouvoir d’achat n’était pas la première préoccupation des Français. Je veux parler des prix anormalement élevés que les centrales d’achat appliquent sur leurs petits affiliés indépendants. Le Groupe Carrefour sur les affiliés Proxi Service ; le Groupe Casino sur les franchisés Vival. La distortion est devenue trop importante pour que le consommateur n’en tire pas les conséquences. J’en veux pour preuve une enquête prix que j’ai faite aujourd’hui entre mon enseigne (Proxi Service) et un magasin Carrefour situé à douze kilomètres. Elle révèle que j’achète TTC les produits à la centrale d’achat 11 % plus chers que ne les vend le magasin Carrefour à ses clients ! Là-dessus, je prends une marge pour couvrir les charges inhérentes au fonctionnement de mon commerce : rémunérations, charges fixes et variables, taxes, etc. Pour ce qui est du Carrefour de Crêches sur Saône, ces charges sont payées par le siège national du groupe. J’apporte donc ici la preuve que les petits commerces indépendants affiliés au Groupe Carrefour financent les enseignes intégrées de ce même groupe.
 
J’ai par conséquent entamé une négociation avec le Groupe Carrefour pour qu’ils intègrent dans mes prix d’achat les marges arrières qu’ils gardent pour leur seul profit et celui de leurs enseignes intégrées. J’invite mes collègues à en faire autant et à me contacter pour mettre en place un syndicat d’affiliés.

16.02.2008

Définitions dans le secteur de la Grande distribution et du Commerce de Proximité

I

  • Indicateur de revenu libéré

    Cet indicateur a été proposé par la commission Quinet de 2008. Il ne se substitue pas au pouvoir d'achat par unité de consommation, indicateur calculé chaque année par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), mais le complète. L’indicateur de revenu libéré inclut le prix des logements neufs et le montant des remboursements d’emprunt.

  • Inflation

    Selon l’INSEE, l'inflation est une augmentation générale et durable des prix qui se traduit par une perte du pouvoir d'achat de la monnaie.
    Elle doit être distinguée de l'augmentation du coût de la vie qui, elle, affecte la répartition personnelle des revenus.
    Le taux d’inflation est mesuré par l'indice des prix à la consommation (IPC). Mais cette mesure n'est pas toujours exacte car les variations de l'indice des prix ne sont pas toutes d'origine inflationniste.

  • Indice des prix à la consommation (IPC)

    L'indice des prix à la consommation (IPC) permet d'estimer, entre deux périodes, la variation moyenne des prix des biens consommés par les ménages. C'est une mesure synthétique de l'évolution des prix des produits, à qualité constante.
    Il est publié chaque mois au Journal officiel. Il doit être distingué de l'indice du coût de la vie.

 

M

  • Marge arrière

    Les réductions de prix hors facture, en particulier les ristournes différées en fin d’année, accordées par les fournisseurs, constituent la marge arrière du distributeur. Jusqu’alors, celles-ci ne pouvaient pas être prises en compte dans le calcul du seuil de revente à perte.

 

P

  • Pouvoir d’achat

    Le pouvoir d’achat représente la capacité d'achat en termes de biens et services que permet le revenu. On parle généralement de pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB). Celui-ci représente le solde entre le RDB et les prix des biens et services consommés par les ménages.

 

S

  • Seuil de revente à perte (SRP)

    Le SRP est le seuil à partir duquel les ventes sont considérées comme s'effectuant à perte. Il est égal au « prix d'achat effectif », qui comprend le prix des produits figurant sur les factures établies par les fournisseurs au distributeur, et toute réduction de prix acquise à la date de la vente. Dans le projet de loi de modernisation de l’économie proposé par le gouvernement début 2008, il est précisé que le seuil de revente à perte pourra désormais inclure les marges arrière.

 

Source : La Documentation Française

16.12.2006

Plus tard, je serai gérant mandataire chez Casino !

Dans le petit monde des dirigeants du commerce coexistent trois statuts sociaux. En premier lieu, nous trouvons les indépendants, propriétaires de leur fonds de commerce, qui pilotent leur entreprise souvent en nom propre : ils achètent et revendent la marchandise, paient les charges (fonctionnement, personnel, taxes...) et s'impliquent personnellement dans la vie locale. Il s'approvisionnent parfois auprès de centrales ou de groupements d'achats, en ayant pour cela adopté ou pas une enseigne. Lorsqu'ils s'enrichissent trop, ils sont montrés du doigt comme des profiteurs ; lorsqu'ils font faillite, tout le monde leur tourne le dos.

medium_mbon.gifUn deuxième groupe d'individus dévoués et serviles sont les dirigeants d'unités commerciales sous enseignes intégrées à un grand groupe. Ce sont les directeurs de supermarchés, d'hypermarchés et magasins discount. Dans leur cas de figure, ils ne sont pas responsables sur leurs deniers personnels en cas de mauvaise gestion de leurs magasins. Tout au plus risquent-t-ils une mise au placard, voire un licenciement économique, c'est-à-dire aux frais de la collectivité.
Les supérieurs hiérarchiques de ces directeurs sont souvent d'anciens élèves de grandes écoles qui vont de conseils d'administration en conseils de surveillance, empochant au passage des stocks options énormes en regard de ce que gagnent leurs employés.

medium_2_-_Epicier_formidable.gifEt enfin il y a les gérants mandataires ! Ce contrat est utilisé par des entreprises comme le Groupe Casino pour exploiter ses petites unités commerciales à l'enseigne "Petit Casino". Les couples candidats sont séduits par la perspective de travailler en couple, de bénéficier d'un logement de fonction (souvent minable), de s'intégrer à la vie sociale d'un quartier ou d'un village et, après avoir fait trop logtemps ses armes dans un magasin difficile, d'intégrer une surface plus importante et de goûter enfin aux plaisirs des grosses journées bien payées.
medium_1_-_Naouri.jpgLe revers de la médaille, pour avoir connu le système de l'intérieur, est que la direction de ce groupe, managée par un financier implacable en la personne de Jean-Charles Naouri, n'a jamais osé toileter ce contrat d'un autre âge. En fait, l'apprenti-commerçant s'apperçoit rapidement qu'il n'est pas maître de commercer comme la situation locale de son magasin l'exige : assortiments, horaires et jours d'ouverture sont maîtrisés par la direction. Celle-ci lui imposera un rythme de gestion inadapté à la structure du commerce : commande de produits périssables complètement loufoque par exemple. Ceci conduit les gérants de succursales dans des situations financières difficiles qui sont elles-même sanctionnées par le contrat ! En clair : ils font ce que la direction leur dit de faire et s'ils se plantent, ils paient et ils partent ! Le Groupe Casino a trouvé à bon compte un moyen d'empocher un maximum d'argent sans endosser les risques du métier.
Un dernier petit détail : le salaire minimum garanti équivaut à une fois et demi le Smic pour un couple.

Un forum animés par ces gérants est accessible par un lien mentionné ci-contre.

Casino, ton univers impitoya-a-ble !

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