Inflation et grande distribution

Inflation et grande distribution

Auteur : Collectif

Editeur : La Documentation Française

Année : 2008

La flambée des prix des biens alimentaires pèse sur le pouvoir d'achat
Trésor - Eco
Pierre-Emmanuel Lecocq, Benjamin Richard et Baptiste Thornary
Les prix des produits alimentaires représentent, en France, 16,3 % de l'indice des prix, contre 12 % en Allemagne et 11 % au Royaume-Uni. Ceci explique en partie pourquoi la hausse des prix agricoles, qui se diffuse le long de la chaîne de production des produits alimentaires transformés, a conduit à une forte progression des prix à la consommation, à la fin de 2007 et au début de 2008. D'autant que 34 % des consommations intermédiaires des industries agro-alimentaires (IAA) proviennent de la branche agricole. Mais si les prix de production sont bien corrélés aux prix à la consommation, ils ne sont pas les seuls responsables de l'inflation.

La perception du revenu est souvent biaisée
Rapport du Conseil d'analyse économique
Philippe Moati et Robert Rochefort
Le contexte de modération salariale - les salaires constituent la majeure partie du revenu disponible brut (RDB) des ménages - et l'hétérogénéité des situations individuelles tendent à creuser l'écart entre la perception des revenus, et donc du pouvoir d'achat, et le calcul effectif de ces deux variables. De plus en plus de revenus sont complétés par des rémunérations " transitoires " (intéressement, bonus, etc.), par définition aléatoires, qui ne sont généralement pas prises en compte dans l'appréciation de leur pouvoir d'achat par les ménages qui se focalisent sur le revenu permanent. De même, ces derniers ne considèrent que rarement les allègements fiscaux comme des ressources. La perception biaisée de leur pouvoir d'achat par les ménages ne porte donc pas uniquement sur les prix...

La grande distribution en France : un secteur plus concentré que chez ses voisins ?
Accomex
Joachim Bechtikou
Si la France est le pays d'Europe qui compte le plus grand nombre d'hypermarchés par habitant (forte densité), les trois distributeurs les plus importants installés sur son territoire représentent, à eux seuls, plus de 50 % du commerce de détail de produits alimentaires (forte concentration). Mais la concentration du secteur de la grande distribution n'est pas propre à la France. C'est le cas dans la plupart des pays du nord de l'Europe. Le Royaume-Uni, l'Italie et l'Allemagne offrent toutefois des caractéristiques très différentes. Avec sept enseignes de hard discount se partageant les 14 214 magasins du pays, la grande distribution allemande offre ainsi un visage tout à fait singulier.

Les dysfonctionnements de la grande distribution en France
CEPREMAP
Philippe Askenazy et Katia Weidenfeld
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a récemment affirmé vouloir réformer le secteur de la grande distribution. Pourquoi une telle réforme est-elle urgente ? Les auteurs reviennent sur les différentes mesures qui, depuis 1996, ont régulé le secteur de la grande distribution française. Les lois Raffarin et Galland (1996) ont, selon eux, empêché le secteur de s'ouvrir à la concurrence, notamment au hard discount. Le nombre de créations et d'extensions de grandes surfaces alimentaires s'est en effet effondré dans la seconde moitié des années 1990, tous types de distribution confondus. Ces mesures seraient ainsi responsables de la hausse progressive des prix alimentaires depuis 1996 en France, alors que ceux-ci suivaient une évolution comparable à celle des autres pays européens.

Réformer la grande distribution : quels effets sur le pouvoir d'achat ?
Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française
Jacques Attali
Si une réforme du secteur de la grande distribution en France semblait depuis longtemps indispensable - la Commission européenne a récemment attiré l'attention sur le niveau de concentration particulièrement élevé dans ce secteur en France -, l'inflation des prix des biens alimentaires et la quasi-stagnation du pouvoir d'achat des ménages (voire une baisse pour les plus modestes) ont fortement incité le gouvernement à ne plus attendre pour la mettre en place. L'instauration d'une concurrence par les prix devrait, à court et moyen termes, favoriser la hausse du pouvoir d'achat de l'ensemble des ménages. Mais, à plus long terme, l'apparition d'oligopoles et d'ententes entre distributeurs, voire entre distributeurs et fournisseurs, pourrait affaiblir l'effet attendu sur le pouvoir d'achat...

Également dans ce numéro

HISTOIRE DE LA PENSEE ECONOMIQUE
Introduction à la nouvelle économie politique
Idées
Guillaume Cheikbossian
Si la science économique, autrefois désignée par la seule expression " économie politique ", ne pouvait initialement se concevoir indépendamment des questions politiques, la distinction qui s'est opérée entre sciences économiques et sciences politiques a conduit les économistes à faire abstraction des aspects politiques et institutionnels de leur discipline. La " nouvelle économie politique " (NEP) réintègre au contraire l'analyse des phénomènes politiques dans le champ de la science économique. Remettant en cause l'idée que les arbitrages effectués par les décideurs publics visent toujours à maximiser le bien-être de l'ensemble de la société, les tenants de la NEP ont notamment recours à la théorie des jeux ou à celle des anticipations rationnelles pour analyser l'influence des groupes de pression, l'incidence des asymétries d'information ou encore les questions de cohérence intertemporelle des choix politiques. Ces derniers apparaissent dès lors comme la traduction de conflits d'intérêts au sein de la société.

ECONOMIES ETRANGERES
Le modèle de croissance espagnol est-il épuisé ?
Diagnostic(s) - COE-Rexecode
Julian Pérez
Au cours de la dernière décennie, l'Espagne a obtenu des performances économiques remarquables qui lui ont permis de rattraper une partie de son retard vis-à-vis de ses partenaires européens. Le rythme moyen de croissance du produit intérieur brut (PIB) y a en effet été, depuis la fin des années 1990, de 3,8 % contre 2,5 % pour l'Union européenne (UE) et 2,2 % pour la zone euro. Plusieurs facteurs ont concouru à ces excellents résultats comme la politique monétaire expansionniste, l'essor du secteur de la construction et le dynamisme de l'offre de travail. Aujourd'hui, des signes d'essoufflement apparaissent et l'économie semble marquer le pas, ce qui nourrit un intense débat autour de la soutenabilité du modèle de croissance ibérique.
SCIENCE ECONOMIQUE
Cycles économiques
Eclairages - Crédit Agricole
Cynthia Kalasopatan et François Letondu
L'expansion rapide de l'économie chinoise est annoncée comme un phénomène de long terme qui coïncide avec une phase ascendante d'un cycle économique entamée en 2003. La croissance spectaculaire de l'Empire du Milieu offre ainsi l'occasion de s'interroger de nouveau sur les cycles dont la durée et la périodicité peuvent être différentes. Les auteurs abordent notamment la question de la relation entre le cycle économique et le cycle des prix des matières premières et de l'énergie qui rythment l'économie mondiale en insistant en particulier sur le cas de la Chine.

DELOCALISATIONS
Le offshore, un phénomène de mode ?
La Gazette de la société et des techniques
Thomas Houdré et Mathias Lelièvre
Si le terme offshore était, il y a quelques années, réservé aux entreprises pétrolières qui installaient leurs plates-formes au large des côtes, il s'applique désormais à l'ensemble des grandes entreprises, notamment à celles, en France, du CAC 40. Le offshoring consiste à réduire les coûts en produisant dans des pays où ils sont faibles. Aucune des activités essentielles de l'entreprise, de la production à l'informatique en passant par les ressources humaines, n'est épargnée par ce processus de délocalisation. Avec un taux de croissance de 30 % par an dans un pays comme l'Inde, le phénomène du offshoring peut-il encore être considéré comme un effet de mode ?



Note : 8/10

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