22.05.2008

Une histoire de sous…

914556990.jpgDes franchisés du Groupe Carrefour, en l’occurrence Guyenne & Gascogne d’une part, et Coop Atlantique d’autre part, sont en conflit pour une question de tarifaire. Le Groupe Carrefour, agissant ici en qualité de centrale d’achat, est accusé de ne pas rétrocéder toutes les marges arrières. Ceci est à mettre en parallèle avec les tarifaires anormalement élevés pratiqués par ce même groupe à l’endroit de ses affiliés et franchisés de la branche proximité. Si la situation est grave, il est bon de savoir que Carrefour loge tout le monde… à la même enseigne ! Dans la lutte pour l’amélioration du pouvoir d’achat, les centrales d’achat vont devoir revenir à leur mission première : acheter au moins cher certes, mais aussi revendre au moins cher. Leur rôle n’est pas d’encaisser les marges arrières pour le compte de l’expansion des groupes de distribution.
 
Fidèle à sa politique de communication dans laquelle le faucheton le dispute au mielleux, en fin de journée, ce jeudi 22 mai, Carrefour a publié un communiqué précisant qu’il ne souhaitait pas commenter cette affaire, mais continuait d’entretenir “un dialogue permanent avec Guyenne et Gascogne comme avec l’ensemble de [ses] autres partenaires et affiliés.”

Une promesse de Gascon ?

08.03.2008

La sixième raison !

Dans un article du Monde.fr daté de demain, Nathalie Brafman donne cinq raisons qui empêchent les prix de baisser en France. La mise en coupe réglée du territoire français : seulement 13 % des zones commerciales sont couvertes par plus de deux enseignes. Des positions dominantes qui sont renforcées par la multiplicité des formats qui maillent certains territoires. La loi Raffarin qui aurait freiné le développement des discounters. Je parle au conditionnel car je ne suis pas d’accord sur ce point. Mon argumentation méritera une note à part. Une loi Galland trop rigide et qui devrait être assouplie dans le package de la loi de modernisation de l’économie : industriels et distributeurs vont tirer leurs prix vers le bas, balayant au passage quelques salariés et petits fabricants. L’idée fausse selon laquelle les supermarchés sur Internet seraient moins chers.
 
A cela j’ajoute une sixième raison, qui existe depuis toujours, mais qui n’était pas évidente tant que le pouvoir d’achat n’était pas la première préoccupation des Français. Je veux parler des prix anormalement élevés que les centrales d’achat appliquent sur leurs petits affiliés indépendants. Le Groupe Carrefour sur les affiliés Proxi Service ; le Groupe Casino sur les franchisés Vival. La distortion est devenue trop importante pour que le consommateur n’en tire pas les conséquences. J’en veux pour preuve une enquête prix que j’ai faite aujourd’hui entre mon enseigne (Proxi Service) et un magasin Carrefour situé à douze kilomètres. Elle révèle que j’achète TTC les produits à la centrale d’achat 11 % plus chers que ne les vend le magasin Carrefour à ses clients ! Là-dessus, je prends une marge pour couvrir les charges inhérentes au fonctionnement de mon commerce : rémunérations, charges fixes et variables, taxes, etc. Pour ce qui est du Carrefour de Crêches sur Saône, ces charges sont payées par le siège national du groupe. J’apporte donc ici la preuve que les petits commerces indépendants affiliés au Groupe Carrefour financent les enseignes intégrées de ce même groupe.
 
J’ai par conséquent entamé une négociation avec le Groupe Carrefour pour qu’ils intègrent dans mes prix d’achat les marges arrières qu’ils gardent pour leur seul profit et celui de leurs enseignes intégrées. J’invite mes collègues à en faire autant et à me contacter pour mettre en place un syndicat d’affiliés.

16.05.2007

La logistique, version Promodès Carrefour

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Quand la logistique se concentre, s'affine et veut devenir plus efficace : un petit aperçu de ce que ça donne !

Depuis quelques mois, et singulièrement depuis que le Groupe Carrefour a décidé, sans consulter ses affiliés, de maximiser (encore un peu plus) sa logistique, nous assistons sur le terrain a une déconfiture totale qui laisse à penser que l'entreprise est en train d'atteindre son plus haut niveau d'incompétence !

Tout a commencé avec la prise de commande qui  se fait une demi-journée plus tôt que auparavant, ce qui implique pour l'affilié une adaptation de ses stocks à son détriment. Il ne perd pas une demi-journée de maximisation de ses stocks mais bel et bien une journée complète, puisqu'il veut éviter d'avoir à faire sa commande le matin. Le matin êtant en effet la période de la journée où les commerces alimentaires de proximité sont les plus fréquentés.

Ensuite, la préparation se fait sur des rolls (photo ci-dessus) qui sont devenus dangereux suite à une mauvaise utilisation par les entrepôts : assemblés souvent sans attaches au socle, chargés au delà du poids maximal de charge, les rolls sont ensuite déplacés par des Transpals et des Saxby. Les roues de ces rolls sont ainsi âbimées car trainées au sol dans le mauvais sens, choquées contre toutes sortes d'obstacles ; lorsqu'on ne leur attache pas en plus autour le film de protection, bloquant leur rotation. A ce niveau de la préparation, aucun collaborateur de l'entrepôt ne prend l'initiative de remonter le problème.

Enfin, la livraison est très souvent un grand moment de solitude. Outres les rolls qui arrivent en piteux état, la marchandise est livrée sans facture (voire avec les factures d'un autre affilié). Les horaires et consignes de livraison ne sont plus respectés, désorganisant d'autant les clients affiliés. Le pompon a été décroché la semaine dernière par un chauffeur-livreur excédé qui s'en est pris violemment à une commerçante, la menaçant physiquement et verbalement...

Autre révélateur de la crise d'organisation que subissent les clients est le schéma de circulation des documents d'emballages, point qui fera l'objet d'une note à part, mais qui peut être ici résumé : ces documents sont remplis par des chauffeurs-livreurs qui n'ont que faire de cette formalité, d'où de fréquentes erreurs qui, hasard, sont en défaveur du client livré. Les lettres de voiture qui accompagnent les rolls sont emplies par l'entrepôt en dépit du bon sens, donnant à l'affilié un travail supplémentaire pour se faire créditer les erreurs.

Le comble de tout, à mon sens, est l'inaction dans laquelle s'enferment à la fois la direction générale et les directions des entrepôts : il me semble que si l'encadrement avait la volonté de résoudre ces problèmes, elle l'aurait fait depuis longtemps. Pour avoir des informations de diverses sources internes, je peux vous dire que la logistique Carrefour-Promodes est en ce moment la proie de dissensions entre d'un côté des employés subalternes qui n'ont d'autres soucis que de ramasser les miettes des profits du Groupe, et de l'autre, en encadrement composés de Kadors qui ont celui de sauver leur peau, en prenant le moins possible d'initiatives, et en attendant que l'orage passe.

Sur le terrain, les affiliés gardent la tête dans le guidon, essayant de ne pas faire dérailler leurs petits vélos ; la direction n'ayant rien à craindre puisqu'ils ne sont pas organisés en force représentative. A moins que l'un d'entre eux ne veuille prendre la tête du peloton...