16.03.2009
La Française des Jeux joue l'avenir de ses distributeurs historiques...
Décidément, un vent de puritanisme mondain et très parisien devra sous peu recouvrir de son manteau imaculé les terribles commerçants de proximité qui osent encore gagner leur vie avec l'alcool, le tabac et... les jeux de hasard. Loin de moi l'idée que sous prétexte de privilégier une catégorie de commerçant au détriment du budget de la Sécurité sociale, il faudrait laisser les choses en l'état et ne surtout pas intervenir. C'est vrai, il faut impérativement lutter contre l'alcoolisme, la tabagie et l'addiction au jeu. Je suis d'accord. Mais les commerçants qui vendent ces produits éminament subversifs et criminels doivent-ils pour autant crever la bouche ouverte ?
Je pense en particulier aux bureaux de tabac-presse qui sont dans certains villages et quartiers les derniers lieux de vie. Ce métier exigeant en horaires et disponibilité possède aujourd'hui un avenir très sombre. Sous prétexte de rentabilité, le choix des magazines est de plus en plus réduit. Et, alors que la profession réfléchit à, et met en place, des sources de revenus supplétifs (épicerie de dépannage par exemple), la Française des Jeux annonce la bouche en fleur qu'elle étudie l'extension de sa diffusion aux grandes surfaces.
Un coup de poignard dans le dos quand on sait que la Française des Jeux a toujours pu faire confiance à un réseau solide et loyal de petits commerçants qui tirent un modeste revenu de cette activité : 980 € par mois en moyenne. Ce qui n'est pas grand chose comparativement au temps et à la place alloués. Et pourtant, la proximité est une valeur affichée de cette prestigieuse compagnie qui présente son réseau de vente de façon tellement élogieuse :
Buralistes, diffuseurs de presse ou patrons de bars en métropole, gérants d'épiceries de village ou de stations-service outre-mer, ces commerçants indépendants sont ancrés dans le tissu économique local. Ils contribuent à l'animation de la vie d'un quartier ou d'un village et à sa vitalité.
On en aurait presque la larme à l'oeil. Mais au fait ? Je suppose que mettre des jeux aux sorties de caisse des grandes surfaces contribuera à diminuer l'addiction au jeu de nos compatriotes consommateurs ?
Non ?
(Photo : immonot.com)
12:22 Publié dans Economie, Le petit monde du commerce de proximité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : française des jeux, tabac-presse, commerce de proximité
05.02.2009
De nouvelles enseignes de proximité chez Carrefour : une bonne idée ?
Dans une optique de convergence d'enseignes, le Groupe Carrefour teste depuis novembre deux nouvelles enseignes de proximité. Il y a tout d'abord Carrefour Contact qui est présenté comme le magasin du quotidien des petites villes et villages. Il y a aussi Carrefour City, le magasin solution pour faciliter la vie des urbains et des nomades. Cette initiative amène plusieurs questions.
Dans les divers articles produits par les journalistes spécialisés ne sont pas abordés les modalités de changement ou de création d'enseigne. Sont-ce des Proxi Services et des Huit-à-Huit qui sont transformés ? Quid du statut du dirigeant : indépendant affilié, franchisé, directeur salarié ? Cette question mérite d'être posée afin de vérifier si l'intention du Groupe Carrefour ne serait pas de déguiser élégament l'intégration de son réseau qui est composé, rappelons-le, essentiellement d'indépendants avec enseigne (Proxi Service). Ceux-ci se posent depuis longtemps la question de la politique du Groupe Carrefour en matière de proximité. Avec en toile de fond le problème des prix de cession interne qui sont beaucoup trop élevés pour assurer une concurrence loyale entre les formats de proximité indépendants et les formats intégrés. Ceci fait l'objet d'une saisine du Conseil de la Concurrence qui devrait aboutir au printemps de cette année. Ces nouvelles enseignes pourraient être le moyen pour le Groupe Carrefour de reprendre en main les différents statuts d'exploitation et de tout intégrer sous le même statut : celui de franchisé. Que va devenir le vrai indépendant dans notre pays ? Edit du 6 février : selon une source interne au groupe, Carrefour France prend systématiquement au moins 26 % du capital de l'entité exploitante, ce qui vient corroborer mon point de vue.
Dans le même ordre d'idée, la question se pose d'un réseau à deux vitesses : les nouvelles enseignes de proximité qui auraient des conditions avantageuses (prix, cartes de fidélité) et les indépendants affiliés qui ne feraient pas partie du réseau et qui, au travers de leur tarifaire anormalement élevé, continueraient à financer cette politique déloyale. Par ailleurs, en communicant délibérément sur le côté dépannage de ces enseignes, on signe un blanc seing aux clients en leur expliquant que la proximité n'est pas faite pour y faire toutes ses courses. Hors, à mon sens, si l'on veut revenir à une consommation responsable et durable, il faudrait au contraire faire en sorte que les centrales d'achat privilégient ces formats, notamment au niveau des prix de cession.
Sur la forme, on peut à contrario se demander si ces nouvelles enseignes ne vont pas payer l'image de cherté de l'enseigne phare du groupe, à savoir Carrefour. Nous allons passer d'un système d'enseignes qui répondaient, malgré le problème des prix, assez bien à l'image que les consommateurs se font de la proximité, à un système global qui appellera sans doute une réflexion unanime : la Planète Carrefour. Une sorte de WorldCompany ! Et cette nouvelle image qui se dessine ne répond pas à l'évolution de l'idée que se font les consommateurs de la distribution (qu'elle soit "grande" ou de proximité).
Pour toutes les raisons évoquées ici, j'invite la profession à faire preuve de prudence et à poser les bonnes questions au Groupe Carrefour. L'avenir du métier est en cause.
(Photo : Franchise Magazine)
11:30 Publié dans Le petit monde du commerce de proximité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carrefour contact, carrefour city, proxi service, huit à huit, commerce de proximité, carrefour france
28.07.2008
Loi de modernisation : un avenir d'argent...
Une contribution de Guillaume Bensi (Visible sur Viadeo)
S'il est convenu de dire que les lois précédentes (Dutreil, Galland, Royer, etc..) ont modifié le contenu juridique des CGV ou des CGA, on constate pourtant (les professionnels du secteur) qu'au travers des années, les ristournes arrières éternellement renommées ont toujours conservées leurs paiements bien réglés. Qui aurait pu croire à une révolution au lendemain de l'application de la loi Chatel ?
La grande distribution ne connaît qu'un business plan : les marges arrières. Les marges "avant" servent à se battre aux yeux du consommateur dans des catalogues où seules les marques n°1 du secteur apparaissent. Ou disparaissent au profit de la marque du distributeur lui même.. L'origine du produit provenant de la même usine... Le jeu est alors tronqué et manipule l'opinion publique. Voilà bien longtemps que Carrefour, Fnac ou Auchan disposent de sièges à Genève. Cela n'est pas pour pratiquer le ski nautique sur le lac Léman.. . Le politique, lui, a tellement profité de "valises" dans le passé qu'il est délicat de réagir aussi fermement. Les enseignes ont commencées à fusionner les unes aux autres depuis les années 80. Une règle du commerce définit que 1 + 1 n'égal pas 2. Si la fusion d'un enseigne à une autre mutualise les achats, les quantités à vendre sont moindres. De fait, on a juste acheté son concurrent pour le mettre sur le banc des remplaçants. Le capitalisme en grand. Mais que fait donc le politique pour ne pas dynamiser encore plus le secteur ?
La discussion du petit commerce s'inscrit dans le totalement hors sujet.
Alors, l'avenir de la grande distribution sera aux mains de financiers (elle l'est déjà). Et l'on voit comme le circuit est déjà bien aquis. Les fournisseurs et distributeurs ont depuis longtemps atteint leurs développements organiques. Seul la croissance externe (internationale) permet de "grandir" en dehors de toute considération humaine. Cette croissance nécessite des investisseurs qui, pour séduire, décideront telle ou telle action pour satisfaire le fonds concerné. Les récentes fusions dans l'univers impitoyable de la bière, l'action Carrefour qui connaît des turbulences frénétiques... On parle de crise de subprimes, de la Chine qui consomme plus de pétrole, de tensions politiques.. .En réalité, les banques garantissent des revenus et se remboursent des pertes de la crise finançière actuelle en spéculant de façon sensible sur le prix des matières premières. Comme tout à chacun, personne n'a eu vent d'un désastre agricole majeur... Ces valeurs refuges sont payées cash par le si fidèle client, c'est tout l'avantage d'un distributeur.
Le fautif ? Le consommateur lui-même qui développe sans cesse son cerveau Coca-Cola et rend son existence vibrante grâve à ses plaintes.
Le sauveur ? Le pétrole sans doute. Grâce au développement économique mondial, le brut léger connaît des hauteurs très désagréables pour le consommateur final qui devra rapidement modifier ses comportements d'achats en consommant tout autrement.
La finalité ? C'est bien ce qui motive mon post de ce jour. Je me demande bien, dans le fond, à quoi satisfait tout cela ?
20:25 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : guillaume bensi, loi de modernisation, grande distribution, commerce de proximité
01.07.2008
Présentation des actions en faveur du développement du commerce de proximité
Le 30 juin 2008, le Secrétaire d’État chargé du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme et des Services, Hervé Novelli, a présenté les mesures qu'il compte mettre en place pour maintenir et développer le commerce de proximité. Le rapport se trouve à cette adresse. Vaste programme de dix mesures qui devront répondre à trois objectifs :
- Améliorer la connaissance du commerce de proximité pour identifier kes bonnes pratiques et les diffuser au niveau national et local.
- Réformer les outils de soutien aux projets innovants, fédérateurs et porteurs de croissance pour le commerce de proximité.
- Valoriser le commerce de proximité.
Et dans l'ordre de leur apparition théatrale, les dix mesures sont :
1. Création du Conseil d’Orientation du Commerce de proximité
2. Mise en place d’outils statistiques d’observation et d’analyse du commerce de
proximité
3. Mise à disposition d’un guide de savoir faire sur la conduite de projet de
développement du commerce de proximité
4. Prise en charge d’études préalables sur l’état du commerce local de proximité
5. Mise en réseau et diffusion des bonnes pratiques : publication d’un rapport
annuel
6. Favoriser la coordination et l’animation de projet
7. Lancement d’appels nationaux à projet sur des projets innovants et fédérateurs
8. Élargissement des critères d’éligibilité et des taux d’intervention du FISAC
9. Renforcement des actions en faveur du commerce de proximité des quartiers
défavorisés
10. Lancement d’une grande campagne de communication
To be continued...
17:30 Publié dans Le petit monde du commerce de proximité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : commerce de proximité, hervé novelli
16.02.2008
Définitions dans le secteur de la Grande distribution et du Commerce de Proximité
I
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Indicateur de revenu libéré
Cet indicateur a été proposé par la commission Quinet de 2008. Il ne se substitue pas au pouvoir d'achat par unité de consommation, indicateur calculé chaque année par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), mais le complète. L’indicateur de revenu libéré inclut le prix des logements neufs et le montant des remboursements d’emprunt.
-
Inflation
Selon l’INSEE, l'inflation est une augmentation générale et durable des prix qui se traduit par une perte du pouvoir d'achat de la monnaie.
Elle doit être distinguée de l'augmentation du coût de la vie qui, elle, affecte la répartition personnelle des revenus.
Le taux d’inflation est mesuré par l'indice des prix à la consommation (IPC). Mais cette mesure n'est pas toujours exacte car les variations de l'indice des prix ne sont pas toutes d'origine inflationniste. -
Indice des prix à la consommation (IPC)
L'indice des prix à la consommation (IPC) permet d'estimer, entre deux périodes, la variation moyenne des prix des biens consommés par les ménages. C'est une mesure synthétique de l'évolution des prix des produits, à qualité constante.
Il est publié chaque mois au Journal officiel. Il doit être distingué de l'indice du coût de la vie.
M
-
Marge arrière
Les réductions de prix hors facture, en particulier les ristournes différées en fin d’année, accordées par les fournisseurs, constituent la marge arrière du distributeur. Jusqu’alors, celles-ci ne pouvaient pas être prises en compte dans le calcul du seuil de revente à perte.
P
-
Pouvoir d’achat
Le pouvoir d’achat représente la capacité d'achat en termes de biens et services que permet le revenu. On parle généralement de pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB). Celui-ci représente le solde entre le RDB et les prix des biens et services consommés par les ménages.
S
-
Seuil de revente à perte (SRP)
Le SRP est le seuil à partir duquel les ventes sont considérées comme s'effectuant à perte. Il est égal au « prix d'achat effectif », qui comprend le prix des produits figurant sur les factures établies par les fournisseurs au distributeur, et toute réduction de prix acquise à la date de la vente. Dans le projet de loi de modernisation de l’économie proposé par le gouvernement début 2008, il est précisé que le seuil de revente à perte pourra désormais inclure les marges arrière.
Source : La Documentation Française
14:12 Publié dans Le petit monde de la Grande Distribution | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grande distribution, commerce de proximité, définitions


















